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La nièce : – Tante Orphila, pourquoi as-tu encore cueillie cette rose trop jeune ? Et aussi tu as mangé trop de bonbons. Pourquoi as-tu fait tan y de bêtises ?

La tante : – Nièce, je suis vieille et grincheuse, mes dents s’entrechoquent constamment, mes jambes fléchissent, ma peau se détend, je suis sous l’emprise de la mort qui me grignote d’heure en heure. Sois compréhensive.

La nièce : – Mais Tante, vous êtes bien vivante ! Ne vous préoccupez pas tant. La mort n’est qu’un instant, un passage.

La tante : – Cessez, sotte, de me tourmenter. Qu’en savez-vous svelte silhouette énergique ? Que dire de vos turpitudes et errements à Byzance ? Votre mémoire est une noix creuse. Pourquoi vivez-vous ? Vous êtes une girouette agitée, rien ne peut se fixer à votre sillage.

La nièce : – Comment ? Quelle injustice ! Je vous dorlote, vous câline, vous habille, vous lave, vous nettoie, vous borde, je me réveille la nuit pour vous, je vous porte, vous sors, vous raconte tant d’histoires. Quelle injustice ! Que peut vous faire cheque je suis intimement ? Ceci vous regarde-t-il ?

La tante : – Eh, eh, petite bête idiote, tu n’es qu’une vache au pré, je suis ta raison divine. L’injustice est tienne. N’aurais-tu pas tant affamé t amère qu’elle trépassât ? Ton père de chagrin succomba, et ta soeur, cette merveilleuse sauvageonne est à ce jour portée disparue. Il en a fallut des mois, des années pour te supporter.

La nièce : – Ignominie absolue, nous sommes rationnés. Ma mère avait une constitution fragile. La viande de porc l’a tué. Ce n’est pas moi, tu divagues, tu affabules. Pourquoi cette cruauté à mon égard ?

La tante : – Sale mioche, le ver est en toi, il te ronge de méchanceté et de mauvaise pensée. Pourquoi trembles-tu ? Ne suis-je pas ta tantinette choupinette en sucre doré à la cannelle exquise ? Un joli coquelicot rouge et fragile qui ne supporte pas le déracinement ? Petite nièce, tu as l’air chagrin. Qu’ai-je encore pu dire qui te blesse tant ? Je suis juste. Je dirai même Juste parmi les Justes et reconnue comme tel par la communauté. Viens te réconforter à mon épaule. Viens.

– Embrassade –

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