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Risque. Sépulcre de l’âme. J’avance à reculons pour éviter l’écueil. J’ai failli me noyer cette nuit… ou assister à la noyade de quelqu’un… Je ne sais ce qui m’attache à cette vie imaginaire mais je m’étouffe. Je voudrais respirer pour de bon et déraciner mes angoisses, me laisser aller à plus de naturel. Courir nue dans la rue ? Ce n’est pas mon fantasme, mais je comprends que certains puissent y trouver un exutoire. Pour moi, ce serait plutôt le fait de chanter et danser au vu et su de tout le monde ! Déambuler sur le trottoir comme Gene Kelly sous la pluie et que personne n’en soit choqué. Mais ne pas être ignorée non plus. Pour l’instant, j’écoute de la musique avec un casque et je chante en sourdine, les autres me dérangent et je change de trottoir lorsque quelqu’un bloque mon avancée enjouée. Je m’isole. Je m’enferme sur moi-même : Rossini et moi, nous sommes tellement mieux qu’eux. Cette populace nauséabonde et maligne. Hihihi ! (elle pleure)

        J’avais pris l’avion pour une destination de rêve, j’avais oublié de faire valider mon passeport alors j’ai collé ma photo en vitesse à un guichet homologué où une femme asiatique vérifiait la procédure. J’ai reçu un appel sur mon portable de l’amie avec qui je voyageais : elle était déjà arrivée et me faisait entendre par le combiné les gouzis-gouzis de ses neveux. Je calculais qu’en prenant le métro j’avais encore le temps d’attraper mon avion. Un soleil magnifique baignait ce brinquebalement. Je suppose que j’arrivais finalement bien. Un rapport avec la noyade précédemment citée ? 
Pour en finir avec ce dépotoir, je décidais de donner mon esprit à la science, pour ne plus être rongée par mes doutes et réminiscences. C’est quelque chose qui existe, paraît-il, qui se fait de plus en plus. Les chercheurs ne reculent devant rien. Alors j’ai vu passer toute ma vie devant mes yeux, elle me sembla vaine. Pour ne plus la voir, je fermai les yeux, je ne vis plus rien. Rien, que du noir. J’entendis un bruit souple et gélatineux, une sorte de succion inversée. Mes yeux s’ouvrirent spontanément et une dame en blanc avec des doigts exsangues me tendit une tablette. Pour que je signe mon contrat. Le contrat de cession de ma propriété intellectuelle à l’INRIH (l’Institut National de Recensement d’Immatérialité Humaine). Passée et à venir. On m’a donné une sorte de clé USB pour me vider régulièrement. Je l’introduis dans la faille créée au niveau de ma moelle-épinière à intervalle régulier (tous les jours) et je les leur envoie par message électronique. La collecte peut s’effectuer moins souvent mais j’ai expressément demandé à le faire quotidiennement afin de me faciliter la vie. Je vide mon esprit chaque soir juste avant d’aller me coucher ainsi je ne rêve pas. Je ne laisse pas mes pensées s’agglutiner trop longtemps dans mon cerveau. Elles ne créent pas d’émules. Je passe mon temps à secouer ma quotidienneté pour ne pas m’endormir, pour ne pas laisser couler mes rêves et pour nourrir mon existence. A force, j’y trouve un sentiment agréable.
Je repasse mon linge et je fais la vaisselle. Je n’ignore pas les informations quotidiennes. Je me connecte à la réalité.
J’ai failli passer à côté.

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