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– Ce que j’en avais pensé. Rien.

– Ce que tu avais interprété.

– Son regard. Qui était penché de mon côté et qui ne semblait pas avoir d’autre but que…

Voilà, comme toujours, l’usurpation qui m’animait lorsque je ne savais rien et que je m’échinais à comprendre ce qu’il fallait vivre. Laborieusement je me construisais des contours que le chaos quotidien égratignait régulièrement. Je tombais dans les caniveaux, on ne me rattrapait pas. J’arpentais des rues sans neige, de jour, de nuit, de réminiscences inventées et je n’existais pas.

Ce qu’il m’avait fallu d’énergie pour me reconnecter, pour goûter sincèrement les fruits des arbres et pour respirer l’air par la fenêtre m’avait rendue muette. J’ai appris à palper les choses et à ne plus attendre, à recevoir et à pouvoir saisir.

Le long apprentissage de la déconvenance pour apprécier la solitude de l’instant.

Lorsque je me suis réveillée, j’ai dévalé l’escalier jusqu’en bas de la rue et j’ai saisi le premier lampadaire pour voltiger autour de lui.

– Tu avais perdu de ton éreintement.

– J’avais saisi ce qui se répète inlassablement.

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