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Nous parvenons à la gare – aux mêmes heures à vrai dire, en boucles brouillées, avancer ; ils y seront glacés pour passer les années et réparer plus tard les entailles des tranches de vies échouées.

Ils expliquent :

“ regarde c’est ici que j’irai être soigné…

On me portera dans la glace, et dans de nombreuses années, dans l’avenir, quand ils sauront guérir, je sortirai. La salle est dans la gare, ainsi nous n’aurons rien à faire ; si, quelques pas, pour partir, et pour nous embarquer ; encore perdus, encore glacés, mais en chemin pour marcher ou pour voir ”.

 

Vous savez pourtant qu’il y a dans ces aspirations un peu plus d’air à rendre – qu’à vouloir fermer ou trop ouvrir vos pores, vous les avez chargées fuir les pièces que vous pénétriez .

Qu’à penser clore des cœurs, vous étiez voleurs d’âmes, soliloquant, et ce n’était qu’en courant que je pouvais fuir ; à rages et cris du cœurs. Ou que d’avoir trop faim, vous auriez perdu le goût des choses. Devenir les amants de la vie toute entière, c’était à tomber des nues ! vous n’écoutiez plus.

Sur l’arbuste blanc de chaque jour, chaque lendemain et chacun à part vous avez pris de la couleur blanche pour effacer les plaies précédentes, mais le pinceau perçait ; et l’arbre au soir, ou l’arcensoir, saignait de la liqueur jaunâtre, des billes ouvertes aux peurs.

L’échec ! inacceptable, ce ballon crevé dont on suture les coupures à regonfler, à rebondir, jusqu’à tomber, et éclater. Encore!! toujours mieux faire – oui c’est ici que vous frappez.

Pourtant vous avez toujours honte, et ensemble, d’enfanter, et d’apporter un peu de chair encore où ça meurt. Pousser! vouloir sortir, remonter du bon pied. Croyant, maladroitement, qu’on le pourrait par peur ; en sacrifiant l’enfance aux mots de préférence.

Enfants bleuis dans les labyrinthes qu’on a dallés

C’était donc combler le gouffre percé que tracer ces ponts d’orgueil ; les premiers à trouver, des acides de plaies, pour une séparation qui effraie comme elle habite.  Un premier maladroit arcensoir, accordé aux murs pour ouvrir, mêlé lui-même et lancé dans les mots pour apprendre à ne pas trop dire à la fois ; ou pouvoir le faire. Peut-être la source où tirer la flamme, où ça vrille et quand ça brûle. Parce que je ne pouvais plus toucher : à déchirer les premiers jours, vous avez étincelé un feu trop fort – et en brassant diffusément des foyers, j’aurai tout consommé.

 

S’il y avait dans ces visions difformes  des rois et des reines ? je les ai vus seulement pour les atteindre, et ne pas pouvoir le faire, aussi et surtout, au-dessus et sans limites ! Quand leurs visages bougeaient sur une flaque d’apprentissage. Jamais les mêmes ! ils ont la confection des perfections. Nous les inventions à l’instant en fermant les yeux avec une aube descendante.

 

Alors j’entrais dans des balades de boutiques pour acheter des marionnettes – des pantins de bois, semés d’étoffes multicolores, d’ailleurs, d’orient, mais surtout d’ailleurs ! – et les ramasser ; et offrir des candélabres de toutes couleurs.

Mais leurs formes avaient trop de prix pour moi, alors je fuyais cachée vers les pierres précieuses des bijoux amers choisis ensemble. Ces constructions sont incommensurables, même trop grandes pour tout dire. Je ne savais pas l’énoncer, seulement balbutier ; et ce serait à vous de traduire. C’est encore tout, mais je n’osais jamais sortir, tant que je n’avais rien à donner.

Je promenais des marchés dans des vases d’air ; mais qui n’ont pas la clarté nécessaire. Alors passée j’ai essayé d’inventer ce qui conviendrait. En se fichant une rigueur qui alimente une vacuité à la perfection courbe – alors qu’il y a ce poids du monde à prendre le temps d’alléger des épaules. Et tout cela ne se lasse pas de ne pas guérir des blessures mais de les prolonger, pour les passer, parce qu’à soi seul elles sont trop lourdes.

 

On ne comprend plus vraiment pourquoi on continue sur ces pas.

Alors il a fallu briser,

désamorcer les armes rauques des rires crispés et ébranler certains mots prononcés.

Tout à coup je pense éteindre ces idées – celles qui n’existent que pour contrer l’ennui des autres, à faire pleurer les murs.

 

C’est cet édifice de pierre qui s’écroule ; où une voix a dit “ non c’est grand et froid, et ça existe ; mais pour personne ”. Et l’a fait tomber sur moi, trop petite, il ne pouvait m’abîmer ; ou toucher, ou peser. Les grands blocs glacés fusaient en sens inverse ; vers le bas, alors qu’il avait fallu tant de temps pour monter l’édifice, l’échafaudage de je ne sais quoi et presque rien qui s’ignore tel, et se croit fort.

Pour me retrouver à terre sur les gares, à marcher par les reins sur le sol ;

tout à coup quelque chose de sourd qui exulte, des éclats d’air ;

l’autre vie qui essaye de parler.

D’autres m’avaient déjà dit croire porter cela.

De la faim et mon ventre s’est gonflé, des contractions contradictoires.

De la peine à se tenir debout, devoir le prendre dans les bras.

Quoi ? quelque chose qui empêche d’avancer, à porter, et qui coule, en arrivant ?

De la lumière.. ? le papier des cristal de souffleurs – nous pouvons le voir, mais pour tous sous les doigts il s’effrite, et il éclaire encore à être taillé à nouveau dans le verre.

C’est ce qui fait sa folie : plus cette voix est forte, mieux on pourrait la briser.

 

 

C’est comme ça que ça a presque recommencé. Après avoir remué des cadavres de liqueur et d’acide, tout à coup la lumière vous a claqué dans les iris. Secoués par la semonce, on ouvre les paupières ? c’est à dire qu’on ne voit presque rien d’ordinaire, et puis pour quelques secondes l’humain a coulé dans les yeux ; j’ai cru que vous aviez  vu . Un seul instant, quand  on élève les cils ; et que pour cette fois passent les autres à travers l’écran bleu . Opacité à pacifier – de troubles qui s’émeuvent comme un cran d’éther naissant.

Pour peu il y aurait des cires de larmes pour nous rouler dessus.

 

Des échardes de soleil qu’au début on refuse, parce qu’on ne s’y connaît plus.

Des premières aubes atroces, noires d’un chaos si profond qu’on les rendrait encore pour un peu de nuit cachée dans les couleurs. Il y en a deux : et elles nous portent les bras, et les pieds, et par leurs filets nous apprenons – peut-être – à bâtir la prochaine – une anse d’écluses pour la lumière qui vient à peine.

 

 

 

Maintenant il y a encore des gens qui parlent en d’autres pièces, en d’autres vaux, sous les horizons ; ce sont des bulles qui bougent contre et avec lesquelles je ne sais pas toujours parler.

Des courants d’air, et je suis à côté.

Pour défendre le droit de parler seul, quand il y a trop à dire, pour rire. Sentiments qui montent, je crois qu’en ce cœur rien n’est achevé ; de vieilles éponges à claquer contre les murs, des volontés à éclater sous les désirs.

Pour l’instant englobée par ces flocons d’espace, reprendre un peu de chair du poumon ; que les blessures ne soient plus plaie, mais vie aussi ; et surtout, et seulement.

Creuser au milieu d’eux, le point d’apogée où le fond a trouvé sa forme mais qu’elle ne l’a pas encore avalé. Quand ce n’est pas encore creux d’un trop plein de profondeur, et qu’on calligraphie une place à la voix claire ; celle qui a permis de pousser en avant, faire avancer. C’est dans les froids polaires des faux-semblants comme la foi populaire.

 

Alors je prend tous les cyans turquoises vermeils dorés orangés, lumineux ou incandescents, des grisailles polychromes, à pleines mains. Eux qui s’acharnaient à les ranger, à les trier, les ordonner en tous sens pour y voir quelque chose, j’ai voulu remettre en ordre naturel : où il n’y en a pas.

“ attention à ce que tu fais, on ne mélange pas ainsi toutes les vies ! ” et il a pris mon bras pour me montrer, par exemple le sang bleu et le rouge ciel ensemble sont d’une boue peu engageante… On apprend un peu tout à coup à distinguer, et mêler seulement celles qui sont encore capables de rendre quelque chose d’ouvert.

 

Un dessin de l’arcensoir caché au fond des mots qui sont là par hasard, qu’on ne voulait pas vraiment tracer ; les perdus, les oubliés ; les naissants et les pas vus pas voulus.

 

Une solitude qui s’allume, et qui serait une vieille histoire d’amour à conclure avec tout le monde. C’est la descente sur les genoux, pour le laisser reposer, ou savoir porter seul. La posture de prière ; quelque chose du renoncement à comprendre.  La même chose qui s’ouvre, et qui s’entraille, que d’ordinaire, mais sans blessure. Pas d’écorchure, pas d’enfanté sans chair. Tenue qui se fait proche du rêve, mais se sépare – du corps en état de suffisance et d’éveil. La position de décalage entre raison et animation, poétique arquée pour rendre le désir d’amour de quelqu’un – passant, pressé.  Où dans le point d’association, le passage d’arcensoirs, poésie est ce langage qui va plus vite que d’ordinaire, mais ne fait que frôler la plongée dans le rien des pensées, sans tomber.

Concentrer l’ascension, qui tremblote, et vacille, mais demande à écouter, ou se faire entendre. Comme ce qui semble sourdre, l’autre vie essayant d’énoncer.. quelque chose ; et qui veut peindre :

de la poudre ombrée et orangée sur les doigts pour noter ; de la poudre d’orchidée,

offerte à une toile écrue que l’on extirpe d’autre part.

De grandes voiles pour monter les brumes ou des boules d’un peu de rien enfin, ou peut-être, descendant les longues sphères crispées du trop plein de figures recomposées.

Il y a une nouvelle flamme qui profondément brûle.

 

Maintenant je me porte aux flancs du cœur cousu.

J’en ai fini avec eux – ceux qui n’existent pas vraiment – , mais j’attend encore en suspens de commencer un peu ; et si je me lève, je sais que ce ne sera que pour ouvrir la voie à ce clair chant de chœurs mêlés.

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